Les botanistes et explorateurs français

Les magnolias n’ont jamais laissé indifférents les botanistes et nombre d’entre eux ont marqué les principales étapes de l’histoire des magnolias et de leurs hybrides. Il serait injuste de ne pas donner acte aux Sargent, Wilson, Forrest et autres sujets de sa Gracieuse Majesté, explorateurs et découvreurs, de leur mérite dans l’introduction de nombreuses espèces. Mais cette reconnaissance ne doit pas se traduire par un complexe national d’infériorité car quelques français méritent aussi qu’hommage leur soit rendu.

Pierre Magnol (1638-1715)

Natif de Montpellier, il est à la fois docteur en médecine et botaniste. En 1694 il sera titulaire de la chaire de botanique et directeur du Jardin des plantes de Montpellier le premier établissement de ce genre créé en France. Auteur de nombreux ouvrages, Magnol se rendit célèbre en regroupant les plantes en fonction de leurs caractéristiques morphologiques et en créant la notion de famille, concepts qui préfiguraient la classification de Linné.


Charles Plumier 1646…

Ce marseillais entré très tôt dans les ordres, fut un botaniste émérite mais aussi un dessinateur et un aquarelliste de talent. Envoyé en mission aux Antilles par Begon il décrivit, dessina et ramena de nombreuses plantes dont un arbre qu’il dénomma Magnolia dodécapétala en hommage à Magnol. Malheureusement Linné débaptisa la plante pour en faire un Talauma. Il attribua par la suite le nom magnolia à l’espèce virginiana en s’attribuant la paternité de l’hommage fait à Magnol mais «  oubliant » de reconnaître à Plumier ce qui lui était dû


René Darquistade
Homme politique, puisqu’il sera maire de Nantes en 1735 et 1740 René Darquistade fût avant tout un négociant et armateur féru de botanique et de plantes nouvelles. En 1711 à la suite d’une expédition organisée aux Amériques son navire le Saint Michel rapporta un jeune arbre d’abord identifié comme « laurier tulipier ». Il faudra attendre une vingtaine d’années pour que l’arbre d’abord cultivé en orangerie à la Maillardière soit planté en plein air. Grâce à ces nouvelles conditions de vie le sujet fleurit abondamment et est enfin identifie comme Magnolia grandiflora par François Bonamy célèbre botaniste nantais. Le Magnolia grandiflora « Maillardiensis »est considéré comme le premier Magnolia grandiflora introduit en Europe.

Barin de la Galissonnière

Apparenté à Begon, Barin de la Galissonnière est surtout connu pour sa carrière militaire au cours de laquelle il sera successivement gouverneur de Louisiane puis du Canada. Né à Rochefort, il se passionna très tôt pour la botanique et les plantes exotiques. Il profita de ses affectations pour favoriser les introductions de végétaux rares qu’il acclimata dans sa propriété de la Galissonnière près de Nantes. Avec le tulipier, le liquidambar et le sassafras, il introduisit vers 1740 un nouveau clône de magnolia qui passera à la postérité sous le nom de Magnolia grandiflora galissonniensis.


Soulange-Bodin
Curieux destin que celui de cet officier impérial qui après de multiples campagnes se retira dans sa propriété de Fromont pour s’adonner à sa passion pour la botanique et l’horticulture. Cofondateur de la Société Nationale d’Horticulture de France, il crée rapidement, à Fromont, un établissement de production réputé et un institut consacré aux expérimentations et à la formation. En relation avec les botanistes et pépiniéristes étrangers il procèdera à l’introduction de nombreuses plantes rares dont un magnolia denudata et un magnolia liliiflora. Après plusieurs échecs, il réussira à hybrider les deux espèces ; cette obtention, premier magnolia à fleurs roses, lui sera dédiée sous le nom de Magnolia X Soulangiana. Cette hybridation donnera un important cousinage puisqu’on compte actuellement plus de 50 cultivars de Soulangiana.

André Michaux (1746-1803)
Elève de De Jussieu, voyageur, botaniste et pépiniériste, André Michaux secondé par son fils, fit de nombreux voyages et collectes de plantes en Europe et au Moyen-Orient jusqu’en Perse. En 1785 sur ordre de Louis XVI, il part pour l’Amérique où il découvre de nouvelles plantes. A la différence de ses confrères, au lieu d’envoyer dans de mauvaises conditions des plantes prélevées dans la nature, il crée une pépinière à Charleston où il élève et expédie de jeunes plants racinés .On doit à André Michaux la dénomination et la description du magnolia macrophylla, mais surtout la découverte et l’introduction du Magnolia acuminata subcordata, l’un des principaux géniteurs des magnolias jaunes.

Jean M. Delavay 1834-1895
Missionnaire français le Père Delavay découvrit et collecta de nombreuses plantes au cours de ses expéditions dans le Sichuan et le Yunnan, dont en 1886 le magnolia à feuilles persistantes qui lui fut dédié par Franchet sous le nom de Magnolia Delavayi.

P.J Buc’hoz – L.A.J Desrousseaux
Le nom de ces deux botanistes restera lié à la nomenclature très fluctuante de magnolia denudata et de magnolia liliiflora. En 1779, P.J Buc’hoz décrivit et dénomma les deux espèces respectivement M. heptapeta et M. quinquepeta à partir d’une estampe chinoise. Malheureusement ce document présentait de nombreuses inexactitudes et ce n’est qu’en 1969 au Congrès Botanique de Seattle, après de longs débâts, que la communauté scientifique officialisa la nomenclature denudata et liliiflora proposée en 1791 par le botaniste français Desrousseaux qui avait basé sa description sur des dessins de Banks et de Kaempfer.

Leon Chenault
Pépiniériste orléanais renommé, Léon Chenault avait la « main verte » et réussissait les semis et les bouturages où ses confrères n’enregistraient que des échecs. Sa réputation connue au delà de nos frontières lui permis de fructueuses relations avec les botanistes découvreurs de l’époque. C’est ainsi que Léon Chenault réalisa pour Wilson de 1908 à 1918 la multiplication et la diffusion de Magnolia sinensis, Magnolia sargentiana et Magnolia dawsoniana.

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