La plantation est une opération délicate qu’il est indispensable de bien maîtriser à tous les stades ; l’objectif est de conserver la capacité de reprise des végétaux afin de mettre en valeur leurs qualités végétatives et esthétiques. Ces quelques conseils vous permettront de réaliser au mieux la plantation de vos magnolias…
Le magnolia persistant le plus utilisé en France est le Magnolia grandiflora qui se décline en plusieurs variétés. Chaleur et humidité lui sont nécessaires pour une bonne floraison, même s’il supporte les grands froids de façon générale (-30° à l’arboretum de Balaine pour le Magnolia ‘Treyviensis’). Il aime les terres profondes, fraîches et humifères, même argileuses, légèrement acides et peut supporter des sols faiblement alcalins.
Les magnolias caducs seraient plus bretons que méditerranéens. Un climat doux, moyennement ensoleillé leur va à merveille. Leur floraison printanière si abondante, arrivant avant les feuilles, demande à être protégée des vents violents. Leur bois est très résistant au gel, mais pas leurs fleurs. Ils aiment les terres profondes, fraîches, plutôt légères, acides et peuvent supporter des sols faiblement alcalins.

La manutention des arbres est une opération délicate. Toute l’attention se porte sur le tronc, élément fragile de l’arbre, surtout en période de circulation de la sève.
La manipulation mécanique des gros sujets doit se faire en arrimant le conteneur ou la motte ; il ne faut jamais l’arrimer au tronc.
Les plantations d’automne et de printemps sont préférables. Il faut planter de préférence sur un sol
bien ressuyé.
Pour les magnolias persistants, ne pas planter à des températures inférieures à 10°C.
L’importance de la fouille sera proportionnelle à la qualité du terrain. En terrain
normal, la fouille devra avoir deux fois la largeur de la motte et en profondeur, une fois
et demi l’épaisseur de celle-ci (en cas de fouille dans un limon trop compact, assurer
l’évacuation de l’eau par un drainage afin d’éviter de noyer les racines).
Il n’y a pas de composition formelle pour le mélange terreux à la plantation. Celui-ci
devra malgré tout répondre à quelques impératifs :
- A la base une bonne terre végétale (éviter les terres issues d’un stockage
prolongé)
- le pH sera de préférence compris entre 6 & 7
- le pourcentage de terre de bruyère sera inférieur à 15% (en excès, ce
matériau est difficile à réhumidifier)
- le taux d’argile ne devra pas dépasser 15 à 20 % (de façon à permettre
une bonne rétention)
- Pour un sol trop argileux, en plus du drainage, le mélange sera enrichi
de sables grossiers, voire de gros graviers pour améliorer la porosité
- la matière organique sera apportée sous forme de terreau enrichi afin de
faciliter le démarrage de la végétation.
Le volume de la fouille, la qualité et la quantité de matière organique apportée seront
les garants d’une bonne installation et généreront une économie d’eau substantielle.
Pour les plantes en motte, il est impératif de préserver au maximum l’intégralité de cette dernière
pour ne pas endommager les racines. Pour cela il faut conserver à la plantation les tontines et
grillages biodégradables, qui sont conçus pour.
Pour les plantes en conteneur, bien mouiller la motte avant plantation.
En cas de taille à la plantation, il faut respecter l’architecture donnée à la plante par le
pépiniériste et veiller notamment à ne pas couper la flèche.
Pour la mise en place du végétal, il faut veiller à ne jamais enterrer le collet de la plante car le
contact de la terre humide avec l’écorce la fait pourrir.
Dans le cas de végétaux en motte, il faut également veiller à ce que le collet ne soit pas étranglé,
et le dégager si nécessaire.
Enfin, en l’absence de drain, il faut créer une cuvette d’arrosage circulaire au-dessus des racines
de la plante et entretenir cette cuvette pendant au moins deux ans après la plantation.
Un arrosage abondant lors de la plantation est nécessaire afin d'éliminer toutes les poches d'air issues des opérations précédentes. Il devra être répété après une plantation d’automne, par hiver sec, surtout pour les magnolias persistants.
Un tuteurage ou un ancrage approprié est indispensable pour éviter à la plante de bouger au niveau du collet, et
d’abîmer son système racinaire. Les troncs des arbres en tige seront enrubannés de toile de jute, de natte
de jonc ou de natte de bambou pour éviter les brûlures et le dessèchement.
C’est une phase déterminante. Tout manque peut être vite préjudiciable, tout excès également (celui
ci peut être limité par d’excellentes conditions de plantation). La phase cruciale de forte
consommation se situe du début de la pousse, en mai, à la fin de celle ci, en août ou septembre
selon les régions. Sur la période estivale, des consommations hebdomadaires de 40 à 50 litres d’eau
par m² exploré sont choses courantes.
Les magnolias caducs ont une consommation d’eau régulière et moins abondante sur toute l’année.
Pour une pousse régulière, l’arrosage doit se poursuivre sur plusieurs années.
L'apport d'eau pourra être fortement réduit si la fosse de plantation est bien dimensionnée et si
l'apport de matière organique est conforme à nos préconisation ( c.f. précédent ).
Privilégier les apports d’origine organique.
Pas de ravageurs, ni de maladie spécifiques du magnolia connus à ce jour. Bone résistance à la pollution atmosphérique.
La culture en bac pour les magnolias caducs et persistants ne pose pas de problèmes
particuliers.
La nature du substrat devra répondre aux caractéristiques définies plus haut
(Cf. « Fouille et apport de terre »). L’apport de terreau de bonne qualité devra être
plus important afin d’assurer une bonne alimentation et une bonne rétention de l’eau.
L’arrosage devra être suivi de façon plus assidue qu’en pleine terre (parfois hebdomadaire
). Les apports devront compenser la demande climatique mesurée localement par l’ETP
(Evapotranspiration Potentielle) exprimée en mm (disponible dans toutes les stations
météo).
Les apports d’eau peuvent aussi être appréciés (quantité et périodicité) par la pose de
sondes tensiométriques dans la motte d’un arbre témoin (technique utilisable aussi
bien en pleine terre qu’en bac).